La maison familiale, qui fut celle de mon enfance et de mon adolescence, a toujours porté intactes en elle les traces accumulées de nos vies.
Avec la complicité de mes parents, avant qu'ils ne disparaissent, j’avais alors commencé un patient travail d’inventaire de ces souvenirs.
Aujourd'hui, la plupart de ces bribes d'existence ont été dispersées. Mais, miracle de la photographie, rien ne meurt vraiment tant que l’on s’en souvient...
(2009)
Quand j'étais petit, on l'appelait la "Chambre de bois sablé". Ma chambre à moi, elle, était juste à côté. A l'époque, c'était déjà le bureau de mon père, mais j'y avais mes entrées, puisque tout autour de la pièce, à hauteur de petit garçon, couraient les voies de chemin de fer de mon train électrique. Un tunnel passait même entre les tiroirs du bureau... Le train est arrivé à son terminus depuis longtemps, mais la chambre de bois sablé est toujours peuplée de l'univers fantastique de mon paternel...