Hormis l'oubli

"L'herbe sèche, la fleur tombe, mais la parole de Dieu demeure éternellement". Les épitaphes tutoient parfois la poésie.
J'ai toujours aimé les cimetières. Sans doute un héritage familial : mon père et mon grand-père partageaient le même goût pour ces lieux et le silence des défunts.
Le Père-Lachaise est sans doute le plus photographié d'entre eux. J'ai préféré choisir d'immortaliser ce qui disparaît.
Ces concessions dites « à perpétuité » dont plus personne ne s'occupe. Ces monuments funéraires que le temps ronge avec une patience infinie. Ces noms que plus personne ne prononce.
Hormis l'oubli.
(2022)



Nous nous sommes tant aimés

Sur l'île des Ravageurs, à Asnières-sur-Seine, il existe un cimetière qui ressemble à tous les autres. Le portail dissipe pourtant le malentendu : ici reposent des chiens, des chats et quelques autres compagnons.
À l'entrée, les gardiens, charmants, remettent un plan indiquant les sépultures des célébrités du lieu. Rin Tin Tin, Barry le saint-bernard sauveteur, Moustache, héros de la Grande Armée…
Mais le plus touchant reste les inconnus, chats et chiens dont les maîtres pleurent à jamais la disparition. « A l’amour de ma vie », « Tu n'es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis. », « Ci-gît un petit tyran au cœur d'or, qui régna sur notre maison pendant douze ans. »…
On peut sourire de tant d'effusions. J'en suis reparti la larme à l’œil.
(2025)
.


Facebook
Instagram
Flickr