Alice Springs, "The Alice", est le carrefour incontournable pour tous ceux qui voyagent dans l'outback, l'arrière pays australien. Tous ceux qui font la route, la vraie, celle que des millions d'"aussies" n'ont jamais prise et ne prendront jamais, parce que trop loin, trop chaud, trop "rien", se retrouvent à un moment ou à un autre ici. Cette route, c'est la Stuart Highway : 3000 kilomètres de bitume qui relient la Mer de Timor à l'Océan Indien, Darwin à Adelaïde.
J’ai pris la route en Juin 2000, avec Philippe, mon ami photographe. On a loué une grosse voiture "aussie", et roule ma poule. Chaque soir, au motel, on comptait les insectes explosés sur la calandre de la Magna. Philippe emmenait avec lui un Nikon D1, la révolution numérique à l’époque. Moi, des Leica argentiques et un petit compact numérique Olympus acheté à l’arrache à l’escale de Singapour. La magie numérique était encore entière en ces temps et contrées lointaines. Les gamins aborigènes que nous rencontrions raffolaient de "la petite télé" sur laquelle ils pouvaient se voir. Et la facilité de cadrer discrètement a permis quelques vues irréalisables autrement, dans les nuits agitées du Bojangles à Alice Springs ou dans les bars le long de la route. On s’est bien marrés. Une autre époque, définitivement. (2000)