Jadis terre de gauche, le Gard a peu à peu glissé vers l’autre côté de l’échiquier politique. Sentiment de déclassement, difficultés économiques liées à la viticulture, inquiétudes face à l’arrivée de ceux venus d’ailleurs — même si nombre d’exploitants ont volontiers recours à une main-d’œuvre étrangère sans que cela ne semble troubler outre mesure leur conscience — les explications ne manquent pas.
En mai 2022, Emmanuel Macron est réélu pour un second mandat consécutif. Un événement suffisamment rare pour être souligné, mais qui masque en partie une autre réalité : la progression continue des votes protestataires et des extrêmes dans de nombreux territoires.
Après l’élection, je suis allé poser mes objectifs dans cinq petites communes représentatives du Gard. Cinq villages paisibles, des paysages lumineux, des habitants accueillants. Rien qui ressemble à une terre de colère au premier regard.
Pourtant, dans chacun d’eux, Marine Le Pen est arrivée en tête. Comme quoi les bulletins de vote racontent parfois une histoire différente de celle des cartes postales. (2022)