L'isola

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Sur le port de Sciacca, il y a des chats sauvages. Toujours à la recherche de quelques restes de poissons dans les filets qui sèchent au soleil. Plutôt amicaux, ils semblent avoir pris l'habitude de partager les quais avec les pêcheurs et les visiteurs.
Puis apparaît cette boule de poils noirs, erratique. C'est bien un chat, mais un chat à la tête en plastique. La pauvre bête, sans doute attirée par quelques gouttes d'eau ou une odeur de poisson, s'est emprisonnée la tête dans le goulot d'une bouteille. On dirait un scaphandrier à quatre pattes cherchant désespérément une issue. Affolé, prisonnier, ses jours sont comptés.
Dans les catacombes des Capucins de Palerme, soigneusement alignés le long des murs ou couchés dans leurs cercueils poussiéreux, des centaines de corps momifiés — moines, notables, enfants — continuent de regarder passer les visiteurs. Certains esquissent un rictus, d'autres semblent absorbés dans une méditation sans fin. Et puis il y a cette fillette, vêtue de ses habits du dimanche, qui vous regarde tristement du fond de sa couche éternelle…

Gesualdo Bufalino l'a si bien écrit : « En Sicile, on apprend d'abord à mourir, ensuite à vivre. »
Mais quand même… j'aimerais tant voir Syracuse. (2017)

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