Tout le monde connaît la célèbre photographie de Willy Ronis, Fondamente Nove. Une image devenue emblématique, censée résumer à elle seule l'atmosphère suspendue de Venise : la géométrie de la lumière, la clarté de la lagune, la silhouette d'un passant en mouvement… Chaque fois que je suis allé à Venise, j'avais cette image — et ces deux mots, Fondamente Nove — en tête. J'ai ainsi photographié la lagune noyée dans les brouillards de novembre, puis, quelques années plus tard, ses reflets saisis au Polaroid.
Mais j’avais définitivement envie d’immortaliser la Sérénissime au travers de ses vaporetti. J'ai pris un abonnement à l'ACTV et sillonné les canaux, de jour comme de nuit, entre ombres et lumières, ponts et palazzî, en compagnie des travailleurs et des touristes. Les palais défilaient derrière les vitres, les conversations aussi.
Venise continuait son spectacle et les Vénitiens rentraient chez eux. (2019)