Février 2012. Les panneaux apposés sur les vitres des comptoirs des ferries, dans les ports italiens, annoncent la couleur : « No Greece ». La tempête hivernale et les grèves ont eu raison du trafic maritime. Manifestation après manifestation, Athènes s'est enflammée. Si la violence fait partie des tragédies grecques, la pièce qui se joue ne déroge pas à la règle.
J'ai décidé de photographier le décor, l'envers et les à-côtés de la scène. A quoi bon montrer les événements, les télévisions s'en chargent et d'ailleurs, je ne suis ni au bon endroit, ni au bon moment.
La crise suinte partout, sur les murs graffités, aux pas des portes qui servent d'abris aux sans-logis, dans l'adieu des amants sur le quai de la gare.
Quand je quitte la Grèce cet hiver 2012, je sais qu'une page se tourne. Le « oxi », le « non » va avoir de beaux jours devant lui.
(Extrait du livre "A la Porte d'Apollon"- 2012)